Les erreurs à éviter dans un projet de veille

Beaucoup d’articles traitent des bonnes pratiques pour mener un projet de veille. Mais peu mettent en avant les causes d’échec possibles. Dans l’article ci-dessous, je me suis amusé à illustrer cinq erreurs à partir d’expressions bien connues.

Rien ne sert de courir il faut partir à point

Ce proverbe s’applique bien à la veille. Souvent nous rencontrons des sociétés qui s’intéressent à la veille alors qu’elles sont en situation délicate : pression concurrentielle, problème commercial, mauvaise utilisation des médias sociaux, …

La mise en place d’une dynamique d’intelligence économique demande un certain temps : l’analyse des besoins par exemple nécessite de rencontrer quelques décideurs et opérationnels pour mesurer leurs besoins en informations. Le choix d’un outil (surtout s’il y a appel d’offre) et son paramétrage peuvent aussi être des étapes chronophages.

On pourrait dire que paradoxalement, il faut mettre en place une veille lorsque l’on n’en a pas un besoin urgent. Cela permet d’être prêt quand les problèmes arriveront, et de franchir la ligne d’arrivée en tête.

L’habit ne fait pas le moine

Lorsque je présente les fondamentaux de l’Intelligence économique, je donne souvent des exemples historiques qui montrent que des informations importantes sont venues de personnes dont on ne soupçonnait pas l’importance. Le système de veille optimal est celui qui responsabilise les collaborateurs, tous les collaborateurs, et en font des capteurs d’informations : le commercial, la secrétaire, le chauffeur routier, le gardien ou l’agent d’accueil ont leur rôle à jouer ! En matière de collecte d’information, les signaux faibles peuvent venir de tout collaborateurs dans l’entreprise !

Qui trop embrasse mal étreint

L’analyse des besoins débouche sur le « schéma directeur de la veille » puis le paramétrage des outils de veille. A écouter certains collaborateurs, ils auraient besoin de toutes les informations disponibles ! Il faut savoir mesurer les besoins réels, choisir les bonnes sources, mettre sous surveillance avec les bons mots-clés, et au final circoncire la veille aux besoins réels de l’entreprise… et ne pas chercher à embrasser tout le web.

Aller de Charybde en Scylla

Le veilleur même peut être tenté, pour ne pas rater une information, de surveiller plus de sources qu’il n’en faut. Au risque de tomber lui-même dans le tourbillon de la surinformation.

Il peut être tenté de faire des newsletters copieuses et riches pour montrer la force des outils choisis. Au risque de produire des livrables trop denses et qui ne seront pas lus.

De l’entreprise sourde et aveugle vis-à-vis de son environnement, on peut « facilement » tomber dans l’entreprise surinformée, infobèse, et finalement aller de Charybde en Scylla…

Quand on a un marteau entre les mains, tous les problèmes ont la forme de clous

Le choix des outils est crucial dans la mise en place d’une dynamique de veille. Selon la vision des besoins de l’entreprise, on choisira les outils adaptés. Mais attention, il faut rester ouvert et adaptable. Nous sommes dans un monde très changeant.

Le choix d’un outil déterminera la marge de manœuvre que l’on se donne. Un outil puissant en veille technologique poussera l’entreprise à se focaliser dans cette voie. Un outil spécialisé en réputation numérique peut inciter à entretenir surtout la visibilité internet. Bref, le choix d’un outil structurera la vision de son environnement.

Pour éviter de tomber dans ces travers, il faut sans cesse se remettre en question.